Le coprin chevelu : cet étonnant champignon qui se transforme en encre

Le coprin chevelu : cet étonnant champignon qui se transforme en encre

Parmi les champignons les plus étonnants que l’on puisse rencontrer, le coprin chevelu mérite largement que l’on s’y attarde.

Son nom scientifique est Coprinus comatus.

Jeune, il présente un beau chapeau blanc recouvert de mèches. Quelques heures ou quelques jours plus tard, son apparence peut complètement changer : ses lames s’assombrissent progressivement et le champignon commence à se liquéfier.

C’est un phénomène naturel particulièrement fascinant à observer.

Comment reconnaître le coprin chevelu ?

Lorsqu’il est jeune, son chapeau possède une forme allongée, presque cylindrique ou en forme de fuseau.

Il est principalement blanc et recouvert de nombreuses mèches ou petites écailles blanchâtres à brunâtres qui lui donnent son aspect « chevelu ».

Son pied est long, blanc et relativement fin.

On peut également observer un petit anneau mobile autour du pied.

Que se passe-t-il lorsqu’il vieillit ?

C’est probablement la caractéristique la plus étonnante du coprin chevelu.

Ses lames, initialement blanches, passent progressivement au rose puis au noir.

Le bord du chapeau commence ensuite à se liquéfier en produisant une substance sombre rappelant de l’encre.

Ce phénomène est appelé déliquescence.

Le champignon se décompose ainsi lui-même afin de favoriser notamment la dispersion de ses spores.

Où pousse-t-il ?

Contrairement à beaucoup de champignons forestiers, le coprin chevelu peut pousser dans des environnements très ouverts.

On peut notamment le rencontrer :

  • dans les pelouses ;

  • les prairies ;

  • les jardins ;

  • les bords de chemins ;

  • les terrains riches en matière organique.

Il peut parfois apparaître en groupes relativement importants.

Peut-on le consommer ?

Le coprin chevelu figure parmi les champignons comestibles recensés par l’Anses, mais avec une condition importante : il doit être consommé jeune.

On privilégie donc uniquement les spécimens encore parfaitement blancs et fermes.

Dès que les lames commencent à rosir, noircir ou que le chapeau débute sa déliquescence, il n’est plus adapté à la consommation.

Il doit également être préparé rapidement après la cueillette, car son évolution peut être très rapide.

Attention aux confusions

L’Anses indique notamment un risque de confusion avec le coprin noir d’encre, traditionnellement appelé Coprinus atramentarius et aujourd’hui classé sous le nom Coprinopsis atramentaria.

Même lorsqu’un champignon semble facilement reconnaissable, il faut donc vérifier l’ensemble de ses caractéristiques.

Une préparation toute simple

Lorsqu’il est jeune, parfaitement identifié et encore bien blanc, le coprin chevelu possède une chair délicate.

Il peut être simplement cuisiné à la poêle avec un peu de matière grasse, du persil et éventuellement de l’ail.

Comme pour les autres champignons sauvages, une cuisson suffisante et une consommation raisonnable restent recommandées.

Un champignon à cuisiner rapidement

Le coprin chevelu fait partie des champignons que l’on ne garde pas longtemps après la récolte.

Son processus naturel de déliquescence peut commencer très rapidement.

Il est donc préférable de ne cueillir que la quantité que l’on souhaite préparer et de la cuisiner sans attendre.

La cueillette responsable

Ne cueillez que des spécimens en parfait état et dont vous êtes certain de l’identification.

Prélevez le champignon entier lorsque vous souhaitez le faire examiner.

Transportez votre récolte dans un panier ou un contenant aéré et séparez les différentes espèces.

Le mot de L’Hérisson Botanique

Le coprin chevelu est l’un de ces champignons qui nous rappellent à quel point la nature peut être étonnante.

En quelques heures, un champignon blanc et élégant peut commencer à se transformer en une matière presque noire semblable à de l’encre.

L’observer au fil de son évolution est déjà une merveilleuse manière de découvrir la mycologie, même sans le cueillir.

L’Hérisson Botanique
Là où les plantes révèlent tous leurs secrets.

Cet article est proposé à titre pédagogique. Une photographie, un article ou une application ne suffisent jamais à confirmer la comestibilité d’un champignon sauvage. Au moindre doute, faites contrôler votre récolte par une personne compétente.